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Hommage à Cézanne

Lucie Shaft, montage numérique à partir de la reproduction graphiques de Montagne Sainte-Victoire, env 1887 (musée d'Orsay)

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Octobre 2026

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Lucie Shaft opère une double référence à Cézanne. La première tient au motif : la montagne Sainte-Victoire, que le peintre n’a cessé de reprendre jusqu’à sa mort, cède la place à la tour aéroréfrigérante d’une centrale nucléaire. Ce remplacement prend Cézanne au mot. Lui qui invitait à « traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône » voit sa montagne devenir une forme géométrique pure, un hyperboloïde de béton. Le monument naturel devient un monument industriel, mais garde la même masse, la même place au centre de la toile et la même lumière rose et bleue.

La seconde référence tient à la manière : Cézanne laisse les contours ouverts et fait passer les plans l’un dans l’autre, de sorte que le sujet se dissout dans son environnement. Ici, le panache de vapeur qui s’échappe de la tour se mêle aux touches bleutées du ciel, jusqu’à ne plus s’en distinguer. Nuage ou rejet industriel ? L’œuvre laisse la question en suspens, et interroge ce que devient le paysage, « motif » par excellence de la peinture moderne, à l’ère de l’énergie atomique.

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Le centre de recherche nucléaire de Cadarache se trouve à une quarantaine de kilomètres de la Sainte-Victoire.

@ Lucie Shaft 

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